• Fanny BIGOT

"qualité de vie au travail "nouveau chapeau ou relooking des RPS?

Mis à jour : janv. 9


En cette période de négociation sur la qualité de vie au travail, j'ai cherché ce que ce concept apporterait de plus à celui de prévention des risques psychosociaux. Ce texte s’inscrit dans le prolongement des ANI sur la mixité et l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes de 2004, sur le stress au travail de 2008 et sur la prévention du harcèlement et de la violence au travail de 2010. Premier sujet d'accord, la définition du concept : “ La notion de qualité de vie au travail renvoie à des éléments multiples, relatifs en partie à chacun des salariés mais également étroitement liés à des éléments objectifs qui structurent l’entreprise. Elle peut se concevoir comme un sentiment de bien-être au travail perçu individuellement et collectivement qui englobe l’ambiance, la culture de l’entreprise, l’intérêt du travail, le sentiment d’implication et de responsabilisation, l’équité, un droit à l’erreur accordé à chacun, une reconnaissance et une valorisation du travail effectué. Ainsi conçue, la qualité de vie au travail désigne et regroupe les dispositions récurrentes abordant notamment les organisations du travail permettant de concilier les modalités de l’amélioration des conditions de travail et de vie pour les salariés et la performance collective de l’entreprise ” Autant dire que l'on a cherché à appeler un chat, un chat ! Pour parler de ce qui fâche, va-t-il falloir parler de qualité de l'ambiance de travail pour désigner le risque incendie ? Qu'est ce que ce nouvel accord va-t-il changer dans le panorama des entreprises ? Coup d'épée dans l'eau ou réelle volonté d'harmoniser les obligations portant sur la santé au travail ? Hervé Lanouzière, directeur général de l’Anact nous éclaire sur le sujet : "la qualité de vie au travail est l’enjeu majeur de la performance des entreprises et de l’amélioration des conditions de travail. On ne fera pas un travail de qualité, des produits et des services de qualité avec des salariés désengagés, absents, a fortiori malades." Mais comment passe-t-on de l’idée à sa mise en œuvre sur le terrain ? Beaucoup de conceptualisation autour du sujet, une volonté qu'enfin les entreprises puissent se doter de plans d'action à la hauteur mais finalement une vision encore relativement floue de ce qu'il reste à faire... Un air de déjà entendu qui ressemble à un argument commercial de cabinet RPS, avec chiffre à la clé des arguments comme "pour 1 € investi...". La prévention des risques psychosociaux (RPS) serait une première étape, elle aurait permis de mettre le travail au cœur des débats, mais l'approche, rapidement éclaboussée par les affaires Renault et France Telecom aurait été perçue davantage comme une façon de lancer un pavé dans la mare plutôt que de co-construire une stratégie d'optimisation des performances. France Telecom s'habille en Orange, les RPS en QVT ? Alors quoi de nouveau sous le soleil ? Cet accord souhaite faire de la qualité de vie au travail « l’objet d’un dialogue social organisé et structurant ». Le texte instaure, à cet égard, la possibilité pour les entreprises ou pour les branches de mettre en place, à titre expérimental, une négociation sur ce sujet regroupant d’autres obligations de négocier qui participent de la démarche "qualité de vie au travail" (stress, prévention du harcèlement et de la violence au travail...). Cette possibilité serait examinée lors de l’une des réunions organisées dans le cadre des négociations annuelles obligatoires. Les partenaires sociaux suggèrent aux entreprises des initiatives favorisant l’expression directe des salariés sur leur travail. Des espaces de discussion s’organiseraient ainsi sous la forme de groupes de travail entre travailleurs d’un même service mais aussi, le cas échéant, pour des managers. L’idée : fournir à l’employeur des éléments de réflexion pour faire évoluer l’organisation du travail vers davantage d’autonomie et, d’autre part, sur le rôle et les moyens de l'encadrement. Il s'agirait, enfin, d'améliorer le dispositif sur l’égalité professionnelle. Les partenaires sociaux souhaitent, à ce titre, voir fusionner certaines obligations annuelles de négocier sur le sujet : celle sur les objectifs d'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, et celle qui vise à supprimer les écarts de rémunération entre eux.Donc, pour faire simple, cet accord ne va rien changer aux obligations actuelles mais incite les entreprises à développer davantage de dialogue social sur le sujet. Les démarches paritaires de prévention des RPS s'inscrivent donc déjà dans cette approche. L'égalité professionnelle étant un facteur organisationnel qui devrait être exploré dans un audit des RPS il semblerait que ce nouvel accord ne soit qu'une réédition relookée d'accord qui ont du mal à passer pour le moment!

#préventionsalariérisquespsychosociaux

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